17 mai 2017

Chronique : Matin de canicule

C’est une histoire qui finit mal. L’histoire de Vincent, producteur parisien de documentaires animaliers, qui se fait rattraper par son passé alors qu’il se rend à un festival à Lille. Après avoir été témoin d’un violent accident sur le périphérique, il fait une halte à la porte de Montreuil, lieu qui l’a vu grandir.

Un polar brûlant
Mako illustre magnifiquement ce one-shot, avec un dessin efficace qui pose une ambiance caniculaire sur des personnages désabusés. Entre réalisme et trait dynamique, l'esthétique du récit est ancrée dans un univers polar où de grands aplats d'encre noire mettent en valeur les jeux d’ombre et de lumière qui rythment l'intrigue.

Un récit efficace et une plume électrique
Sur fond d’une capitale qui croule sous le poids de la chaleur estivale, Matin de Canicule nous invite à nous perdre dans les pensées de cet anti-héros brûlé par ses souvenirs.
C’est seulement la réalité qui nous sort de ses réflexions pour nous rappeler comme un acte, aussi anodin soit-il, peut avoir des conséquences des années plus tard. Un amour d'antan, un ancien rival, un accident sur la route et tout peut basculer.

Cette histoire complète, illustrée par Mako, ne nous parle pas seulement d’un homme qui essaie de comprendre son passé ; la plume de Daeninckx nous fait sentir la profondeur de chaque action pour en saisir l’importance dans le récit.
Jusqu'à la dernière case, Vincent, cet anti-héros, doit se battre contre son passé adolescent.